5 novembre 2020

Le harcèlement scolaire, on est tous concernés

Que ce soit de près ou de loin, vous êtes nombreux à rencontrer des situations de harcèlement scolaire. Parfois même sans réellement vous en rendre compte.

On le trouve dans tous types d’écoles et il peut prendre différentes formes. Il est parfois tellement subtil qu’il n’est pas toujours perçu ou vécu de la même manière ou au même moment par les différentes personnes concernées. Pourtant, peu importe leurs formes, toutes les situations de harcèlement scolaire ont des points communs.

Pour simplifier ta lecture, sache que :

– Nous simplifions dans l’article en parlant d’« actes » mais que le harcèlement peut prendre plein de formes différentes. Il peut parfois même se limiter à des propos. On reviendra sur les différentes formes du harcèlement plus loin.

– On parle de « harceleur » au singulier mais il arrive souvent qu’il s’agisse d’une situation plus complexe avec plusieurs harceleurs.

Le harcèlement scolaire, c’est quoi ?

Le harcèlement scolaire, c’est un ensemble d’actes négatifs, délibérés et répétés à l’égard d’une personne qui ne sait pas comment y mettre fin.

Trois caractéristique définissent le harcèlement scolaire:

1. L’intention de nuire

Quelle que soit sa forme (regarde ci-dessous pour plus d’informations, on y parle notamment des différentes formes que le harcèlement scolaire peut prendre), l’un des objectifs du harcèlement c’est de chercher à blesser une personne, la déstabiliser, la dévaloriser, etc. Bref, la mettre dans une posture inconfortable, voire oppressante.

Attention, souvent le harcèlement trouve sa source dans une relation où le rire occupe une grande place. Au départ, il est donc possible que le harceleur ne se rende pas compte que son comportement est blessant. Il est donc important pour la victime de harcèlement de rapidement lui faire savoir que son comportement la met mal à l’aise. Que cet avertissement ait lieu ou pas, si jamais les comportements blessants perdurent dans le temps, on estime que le harceleur ne peut plus ignorer qu’il fait souffrir la victime.

2. La répétition

C’est la répétition dans la durée de ces actes. Ils vont donc se répéter en nombre mais aussi dans le temps. Dans le cas du cyber-harcèlement, c’est aussi le fait que les propos ou photos soient partagés ou commentés négativement à plusieurs reprises.

3. Le déséquilibre des forces

Ce déséquilibre peut prendre plusieurs formes (nombre de personnes, force physique, compétences, âge,…). Il y a en tout cas une relation de force et de domination telle que la victime ne se sent pas capable de se défendre et de faire changer la situation.

Attention, ce déséquilibre peut ne pas forcément exister dans la réalité et n’être qu’une impression de la victime qui suffit à la paralyser. Il est donc parfois difficile à repérer pour une personne extérieure à la situation.

Ces caractéristiques permettent de faire la différence par exemple entre le harcèlement scolaire et des conflits occasionnels ou des bagarres entre élèves.

Tu noteras aussi que cette problématique ne se limite pas à l’enceinte de l’école. Forcément, avec les réseaux sociaux, on la retrouve aussi sur le net mais également dans le cadre des activités extra-scolaires (clubs de sports, mouvements de jeunesse, stages de vacances, etc).

Par contre, le harcèlement scolaire se distingue du harcèlement de rue, du harcèlement au travail,… Il s’agit de dynamiques différentes. Fais donc bien attention : cet article ne porte que sur le harcèlement scolaire.

Le harcèlement scolaire, ça prend quelle forme ?

Le harcèlement scolaire peut prendre différentes formes. Il peut être :

– Physique. Par exemple : coups, bousculades, gifles, tirer les cheveux, jets d’objets, regards méprisants …

– Verbal. Par exemple : insultes, surnoms désagréables, rumeurs, menaces, moqueries,…

– Moral. Par exemple : silence à l’approche de la victime, ignorer volontairement la victime, s’éloigner quand elle s’approche, faire exprès de la choisir en dernière lorsqu’il faut composer des équipes,…

– Sexuel. Par exemple : attouchements non-consentis, commentaires sexuels abusifs ou homophobes, …

– En ligne. Par exemple : sexting non consenti et/ou agressif, porno de vengeance, messages ou commentaires insultants, happy slapping,…

– D’appropriation. Par exemple : vol, racket, dégradation d’objets,…

Qu’elles s’expriment en face à face ou en ligne, les différentes formes du harcèlement scolaire sont réelles et nuisibles. En réalité, ces différentes formes s’entremêlent bien souvent de sorte à ce que le harcèlement se limite rarement à un seul type de faits.

Le harcèlement scolaire, qui est concerné ?

Jusqu’ici, on t’a parlé du harceleur et de la victime du harcèlement. Mais pour qu’une situation de harcèlement scolaire puisse exister, il faut généralement la présence d’une troisième catégorie de personne : les témoins.

Ces témoins peuvent être de trois sortes différentes :

Les témoins passifs

Ils ne participent pas directement aux actes et/ou propos négatifs mais ne s’y opposent pas non plus. Généralement, ce sont des témoins qui font semblant d’ignorer ce qu’il se passe.

Les témoins actifs

Ils encouragent le harceleur en rigolant, en faisant des gestes encourageant ou s’attroupant pour observer ce qu’il se passe.

Ces deux premiers types de témoins ont un rôle très important à jouer dans le harcèlement scolaire : en n’intervenant pas pour défendre la victime, ils encouragent le harceleur et donnent le sentiment à la victime et au harceleur que ce dernier a raison d’agir de la sorte, qu’il est légitime. Ce genre de comportement renforce la solitude de la victime et son impression que personne ne peut/veut l’aider. Ces témoins font donc partie du problème puisqu’ils permettent au harceleur de renforcer sa position de domination sur la victime (regarde ci-dessus pour avoir plus d’information sur cette relation de force).

Tu l’auras toutefois compris, il existe une troisième catégorie de témoins.

Les témoins agissant

Ils agissent d’une manière ou d’une autre pour aider et protéger la victime.

Les témoins peuvent donc aussi mettre fin à une situation de harcèlement par leurs actions. Il suffit bien souvent qu’un ou plusieurs témoins interviennent pour que la situation de harcèlement prenne fin.

Je suis témoin de harcèlement scolaire, que faire ?

Si tu es témoin d’une situation de harcèlement scolaire, il est essentiel que tu interviennes pour soutenir la victime. En effet, souvent elle se sent tellement seule et perdue dans cette situation qu’elle n’ose demander de l’aide à personne et se sent incapable de se défendre. Généralement, la victime n’ose pas s’opposer à son harceleur ou le dénoncer parce qu’elle a peur des représailles, peur du jugement des autres et des adultes, peur de ne pas être crue, peur de passer pour une balance ou simplement honte d’évoquer la situation. C’est pour cette raison que le rôle des témoins est si important !

Que faire en concrètement?

Plusieurs solutions existent pour aider une personne que tu penses être victime de harcèlement scolaire:

Si tu assistes à des faits harcelant, tu peux directement intervenir pour soutenir la victime et exprimer au harceleur que son comportement te déplaît.

Si tu n’es pas à l’aise d’intervenir seul, tu peux t’éloigner pour aller chercher un adulte ou tu peux aussi en parler avec des amis pour que la prochaine fois qu’une telle situation survient, vous soyez plusieurs à intervenir. Témoigner d’une situation qui fait du mal à quelqu’un, ce n’est pas balancer ! Ton action permettra de protéger et d’aider quelqu’un qui souffre.

En attendant, tu peux aussi aller discuter avec la personne que tu penses être victime de harcèlement pour la soutenir et l’aider. Tu peux également l’accompagner dans des démarches et l’encourager à aller parler de la situation à un adulte de l’école ou de son entourage.

Si tu décides de t’adresser directement à la victime, veille à ne pas la juger ou la culpabiliser et à respecter ses décisions.

Tu peux aussi t’adresser directement et discrètement au harceleur pour lui faire savoir que son comportement te pose problème et réfléchir avec lui à une autre manière de se comporter.

Rappelle-toi, bien souvent, il suffit qu’un témoin intervienne pour défendre la victime pour que d’autres témoins se manifestent et que la situation de harcèlement prenne fin !

Je suis victime de harcèlement scolaire, que faire ?

Si tu es victime de harcèlement scolaire, voici quelques conseils pour t’aider à mettre fin à cette situation :

Parles-en à une personne de confiance (un ami, un parent, un frère ou une sœur, un adulte de l’école, etc). Si jamais sa réaction n’est pas celle que tu espérais, surtout ne te décourage pas et adresse toi à quelqu’un d’autre !

Si tu te ne sens pas à l’aise d’en parler à quelqu’un de ton entourage, il existe plusieurs services accessibles à Bruxelles qui peuvent t’aider.

Les services accessibles

Le 103 qui est une ligne d’écoute à destination des jeunes. Tu peux y discuter de manière confidentielle de tout problème qui te concerne.

– Il existe aussi une ligne d’appel spécialisée en violence scolaire : 0800/95.580.

– Le 116000 est une ligne d’écoute créé par Child focus qui répond à toutes questions qui touche l’utilisation des réseaux sociaux par les jeunes. Si tu es victime de cyber-harcèlement, tu peux donc les appeler !

– L’asbl Infor Jeunes Schaerbeek dispose d’une permanence spécialisée en harcèlement scolaire.

– L’asbl Prefer peut te proposer un suivi individuel.

– Les AMO de ton quartier t’accueilleront également pour discuter avec toi. Une AMO (Service d’aide aux jeunes en milieu ouvert) est un lieu d’accueil, d’écoute, d’information, d’orientation, de soutien et d’accompagnement pour les jeunes. Elle tente de remédier aux problèmes qui les touchent dans leur quotidien. Tu trouveras ici une carte de toutes les AMO de Bruxelles.

– Le service de médiation ou le PMS de ton école pourront t’aider, au même titre qu’un centre de planning familial.

– Ton médecin traitant pourra aussi t’aider et t’orienter.

En attendant de te sentir prêt à t’adresser à quelqu’un pour t’aider, fréquente des lieux dans lesquels tu te sens en sécurité et/ou reste avec des amis sur qui tu peux compter.

Tu peux aussi décider de porter plainte auprès des services de police.

Si jamais tu te poses des questions ou que tu souhaites plus d’informations, tu peux nous contacter par téléphone 02 514 41 11 ou venir en discuter dans l’une de nos permanences.

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