8 mars 2021 / Tags : LégislationAutonomieSantéSociété

8 mars: Journée internationale des droits des femmes

Eh oui, chaque année le 8 mars tu entends parler de la journée internationale des droits des femmes. Ou, plus précisément, la journée internationale de lutte pour les droits des femmes. Quoi? Encore? Mais, les femmes ont obtenu l’égalité il y a bien longtemps non? L’égalité entre les hommes et les femmes est inscrite dans la loi. En revanche, tout comme pour le racisme (qui n’est pas autorisé par la loi, on le rappelle au passage) on voit bien que la loi ne suffit pas.

Angela Davis

Les droits des femmes

Il existe beaucoup de domaines dans lesquels de nombreuses femmes aimeraient une progression vers l’égalité. C’est-à-dire Une amélioration des conditions sociales et de vie. Allez, voilà une petite liste qui ne se veut pas exhaustive du tout:

  • la charge mentale. Dans de nombreux ménages, cette charge mentale est répartie de manière équitable. Mais dans une majorité, elle repose essentiellement sur les femmes. C’est par exemple le travail de soin, d’attention, celui qui est souvent gratuit, invisible repose majoritairement sur les femmes.
  • l’égalité salariale. L’écart salarial entre les hommes et les femmes est estimé à 23,7% en Belgique,
  • la répartition des tâches au sein du ménage. Le déséquilibre de cette répartition impacte entre autre les parcours professionnels des femmes.
  • les multiples discriminations

Black women lives matter - Allemagne
Ainsi, la journée du 8 mars met en lumière ce processus d’auto-détermination. L’autodétermination c’est le pouvoir choisir librement pour soi. Par exemple, le choix d’être femme au foyer ou d’être femme au travail sans en subir des discriminations dans un cas comme dans l’autre. Ou encore, le choix de ne pas devoir penser à tout lorsqu’il s’agit de l’organisation du foyer ou le choix d’en faire son domaine de prédilection et de gérer tout en solo. C’est surtout avoir la liberté de choisir pour soi et aussi de laisser les autres choisir pour eux-mêmes.

Manifestation Droits à l'avortement en Amérique Latine

Un cas concret: l’interruption volontaire de grossesse ou avortement

À l’occasion de cette journée, nous aimerions nous attarder sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG ou avortement). Le droit à l’avortement représente, encore aujourd’hui, un des sujets de lutte principaux pour les droits des femmes au niveau international. Par ailleurs, la Convention Européenne contre les violences faites aux femmes reconnaît que la grossesse forcée et le déni d’avortement sont une violence faite aux femmes. Cette convention défend donc la liberté de choisir sa parentalité.

En 1990, la Belgique a reconnu comme droit fondamental pour toute personne enceinte le droit d’avorter jusqu’à 12 semaines de grossesse (14 semaines sans les règles). Derrière le droit à l’IVG, il y a la liberté de choisir le moment où on décide d’entrer dans le monde de la parentalité (qu’on soit déjà parent ou pas). Sans contraception ou un oubli de contraception, sans préservatif ou un accident de préservatif, cela arrive qu’il y ait un début de grossesse qu’on ne souhaite pas, qu’on n’a pas prévu…

En période COVID, comment ça se passe? 

Il y a près d’un an, à l’annonce du confinement, le corps médical s’est focalisé sur la lutte contre la COVID-19. Cela a soulevé des inquiétudes par rapport à l’accès aux autres soins de santé. De nombreuses raisons ont fait que les soins de santé (hors COVID) ont été repoussés: focus des hôpitaux sur la COVID, la peur d’être contaminé en allant dehors, les violences conjugales/familiales, etc.

Ainsi, concernant l’avortement, les hôpitaux ont, en grande partie, renvoyé les personnes vers des centres de planning familial. En parallèle, les centres de planning familial ont communiqué le fait qu’ils restaient bel et bien ouverts. Cependant, on te conseille de les contacter à l’avance comme on le conseille dans notre “FAQ COVID-19

Eh oui, les plannings se sont adaptés à la période de pandémie. Certaines consultations pouvaient se faire en visio. A l’inverse, d’autres consultations gynécologiques, dépistage et IVG devaient se réaliser en présence des patients et patientes.

Pour info: Il existe deux types d’IVG. L’IVG médicamenteuse qui peut se faire à la maison et l’IVG par aspiration qui se pratique dans un centre de planning familial (la plupart du temps) ou dans un établissement hospitalier car c’est une intervention chirurgicale. Si tu souhaites plus d’informations sur le déroulement des IVG, tu peux te rendre sur la fiche Interrompre sa grossesse de  Bruxelles-J.

Les centres de planning familial

En période COVID, les centres de planning familial se sont adaptés pour apporter une aide aux personnes confinées. Ainsi, ils ont encouragé la prescription d’une IVG médicamenteuse jusqu’à 10 semaines d’absence de règles (donc 8 semaines de grossesse). En effet, l’IVG médicamenteuse a été encouragée car, la personne qui souhaite avorter peut obtenir le médicament (la pilule abortive) en centre de planning familial mais la prendre à la maison. Cette possibilité permet alors de limiter les contacts en période COVID et donc faciliter l’accès à ce soin de santé.

Une IVG n’est pas une démarche confortable (la capote c’est beaucoup + confort!) et c’est pour cela que les centres de planning familial recommandent d’être accompagnée par une personne de confiance (ami, compagnon, membre de la famille en qui on a confiance). Lors d’une IVG médicamenteuse, il faut parfois faire face aux saignements abondants et aux douleurs (on te l’avait dit, c’est pas confort, cosy, détente). C’est pour ça que les centres de planning familial recommandent de ne pas être seule à la maison au moment où l’IVG médicamenteuse se déroule.

Enfin, qu’on préfère être seule ou pas ou qu’on n’ait pas le choix, dans tous les cas, les centres de planning familial restent disponibles et ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour rester ouverts. Tu trouveras toute la liste des centres de planning familial en Belgique francophone


Les hommes de qualité respectent l'égalité
Pour aller plus loin sur le sujet, voici une petite sélection d’articles:

Alter Echo : Avorter en plein covid 19
Alter Echo: L’IVG en danger

RTBF – Les Grenades: Le confinement a eu un impact négatif sur les droits des femmes
RTBF – Les Grenades: Les femmes risquent de disparaître du marché de l’emploi à cause de la pandémie?

Le soir: Les plannings familiaux débordés par les urgences psychologiques n’arrivent plus à suivre

RTL Info: L’VG médicamenteuse autorisée jusqu’à 9 semaines à domicile

Amnesty International: Campagne pour le droit à l’avortement

Le dossier Santé sexuelle et reproductive de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé): dossier OMS

Chaîne Youtube qui déconstruit les clichés – Sous-Culture –  épisode sur les violences conjugales 

 

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