Le bail à Bruxelles : règles générales, durée et possibilités de rupture
Tu vas emménager dans un nouvel appartement ? Ou bien tu veux quitter ton logement ? Alors, il est important pour toi de bien comprendre le contrat qui te lie à ton propriétaire: ton bail.
Dans cet article très complet, Infor Jeunes Bruxelles va entre autres t’expliquer les différents types de baux (bail/baux) et les dispositions que tu dois prendre quand tu veux quitter ton logement à Bruxelles. Ces informations sont importantes, elles peuvent t’éviter de te retrouver dans des situations difficiles qui peuvent être source de conflits et te coûter de l’argent.

Notions juridiques et régionalisation des règles en matière de logement
Jusqu’en 2018, les règles étaient fédérales et deux régimes coexistaient : le contrat de « bail de résidence principale » et les autres règles de « droit commun ». Pour bien comprendre la notion de « droit commun », tu dois comprendre que les règles juridiques se superposent. Les règles plus spécifiques dérogent aux règles générales. Par « droit commun » on vise l’ensemble des règles juridiques qui s’appliquent lorsque aucune autre règle plus précise ne trouve à s’appliquer. C’est simple mais nécessaire à comprendre pour la suite. Aucun régime n’était vraiment adapté spécifiquement aux étudiants.
Depuis 2018, les règles du bail sont régionalisées. Cela signifie qu’elles sont diff érentes dans chacune des 3 régions belges : Bruxelles, la Wallonie et la Flandre. Dans les faits, c’est comme s’il s’agissait de 3 pays différents dont chacun dispose de ses propres règles.
Depuis le 1er janvier 2018 de nouvelles règles spécifiques pour les logements étudiants sont apparues à Bruxelles. L’annonce d’un bail en région bruxelloise, spécifique pour les étudiants, laissait espérer une simplification des règles en la matière. Hélas, c’est l’inverse qui s’est produit. Au lieu de simplifier les relations entre bailleurs et locataires étudiants, de nouvelles législations régionales sur le bail d’habitation ont compliqué les choses. En effet, le législateur a instauré de nouvelles règles pour le logement étudiant qui sont facultatives. Cela signifie que le nouveau régime ne s’applique que si le bailleur et l’étudiant décident de l’appliquer. Cela signifie aussi que le bailleur n’est pas obligé de choisir ce régime même si le candidat locataire est bien un étudiant. Vu que ce nouveau régime est plus protecteur pour l’étudiant et donc peut-être moins intéressant pour le propriétaire, ce dernier préfèrera souvent s’en passer au profit du régime préexistant du droit commun.
Depuis le 1er novembre 2024, de nouvelles modifications ont été ajoutées.
Petit lexique juridique
Tu déchiffreras pas mal de termes juridiques au travers de notre article. On préfère les utiliser pour qu’en cas de nécessité, tu puisses faire un lien avec ton propre bail. Tout au long de l’article on parlera entre autre de « bailleur » pour parler du propriétaire et de « preneur » pour parler du locataire. On t’a fait une petite liste ici, mais si tu venais à tomber sur un terme juridique qui ne te semble pas clair, n’hésite jamais à nous contacter.
- Bailleur : la personne qui te loue le logement. Souvent, c’est également le propriétaire.
- Intermédiaire ou mandataire : parfois, le bailleur se fait représenter pour la signature du contrat. Le plus souvent, c’est par une agence immobilière, mais cela peut aussi être par un membre de sa famille si le bailleur est trop vieux ou vit à l’étranger par exemple. La personne qui représente le bailleur est le mandataire.
- Locataire : c’est la personne qui loue le bien, toi à priori.
- Les parties : les personnes liées par un contrat. Ici donc, ton bailleur et toi (et éventuellement tes colocataires).
- Les tiers : les personnes qui ne font pas partie du contrat
- Triennat : les parties de trois ans qui composent un bail de longue durée (9 ans)
- Le congé ou renon : la lettre que tu envoies à ton bailleur (ou que ton bailleur t’envoies) pour mettre fin au contrat
- Le préavis : la période entre le moment où l’une des parties dit vouloir mettre fin au contrat et le moment où le contrat prend effectivement fin. Le but est de laisser le temps à la partie qui n’a pas choisi de mettre fin au contrat de se “retourner”
- Les indemnités : une somme d’argent à payer, souvent en cas de résiliation du bail
- La résiliation : le fait de mettre fin au contrat avant sa fin prévue, on dira souvent “mettre fin/résilier anticipativement le contrat”
- La prorogation, c’est la prolongation d’un bail au-delà de sa date de fin prévue. Elle peut être prévue par accord écrit entre le locataire et le bailleur, notamment pour prolonger un bail de courte durée par exemple, ou être demandée par le locataire pour circonstances exceptionnelles.
Pour résumer
Il existe actuellement trois régimes législatifs différents pour le bail de logement étudiant.
Notre article concerne les règles spécifiques du bail à Bruxelles.
Tu déchiffreras pas mal de termes juridiques au travers de notre article. On préfère les utiliser pour qu’en cas de nécessité, tu puisses faire un lien avec ton propre bail. Tout au long de l’article on parlera entre autre de « bailleur » pour parler du propriétaire et de « preneur » pour parler du locataire. Si tu venais à tomber sur un terme juridique qui ne te semble pas clair, n’hésite jamais à nous contacter.
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Après avoir rappelé l’importance d’un bail écrit et la conséquence de l’absence d’enregistrement, la manière dont les délais de préavis sont calculés et l’importance d’un accord amiable, on examinera les durées et fin du bail d’un étudiant dans chacun de ces trois régimes : le régime particulier facultatif du bail étudiant, le régime particulier au bail de résidence principale et le régime général du droit commun. On jettera ensuite un rapide coup d’œil sur le régime spécifique de la colocation.
Table des matières:
- Le bail doit-il être écrit ? Le bail doit-il être enregistré ?
- Quand le délai de préavis commence-t-il ?
- Rompre son contrat à l’amiable
- Le bail de logement étudiant à Bruxelles
- Quand y a-t-il un bail de logement étudiant ?
- Quand et comment prouver que je suis étudiant ?
- Contrat de logement étudiant et bail de résidence principale
- Quelle est la durée d’un bail étudiant ?
- Et si j’abandonne en cours d’année ? Questions diverses
- Comment mettre fin à un bail de kot étudiant ?
- Dois-je envoyer un courrier recommandé ?
- Puis-je résilier le contrat après l’avoir signé mais avant d’être entré dans le bien ?
- Puis-je sous-louer ou céder mon contrat de bail ?
- Quand y a-t-il un bail de logement étudiant ?
- Le bail de résidence principale à Bruxelles
- Le bail de droit commun à Bruxelles
- La colocation à Bruxelles
- Tableau récapitulatif
1. Bail à Bruxelles: contrat écrit et enregistrement
Pour les trois types de bail (bail étudiant, bail de résidence principale et bail de droit commun), un écrit est nécessaire.
L’enregistrement du bail est obligatoire.
Tu peux vérifier si ton bail a été enregistré auprès du SPF Finances sur MyMinfin, et s’il a été enregistré auprès de la Région bruxelloise sur Irisbox/Irisnet.
Attention : même si le bail n’est pas enregistré, cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas.
Par contre, si le bail de résidence principale n’a pas été enregistré auprès du SPF Finances dans les délais, le bailleur ne pourra pas indexer le loyer. Dans certains cas, le locataire peut aussi quitter le logement sans préavis ni indemnité.
Si le bail n’a pas été enregistré auprès de la Région, le loyer ne peut pas être indexé non plus.
2. Quand le délai de préavis commence-t-il ?
On appelle « renon » ou « congé » le document que tu adresses à ton bailleur par lequel tu l’informes que tu quittes ton logement. Une fois que le bailleur a reçu ton renon, un délai débute : le « délai de préavis ». C’est la période entre le moment où tu annonces que tu veux quitter ton logement, et le moment où tu peux effectivement le quitter. Or, le moment où ce délai commence suit une règle particulière.
En effet, il ne s’agit pas du jour où le renon est reçu mais du premier jour du mois qui suit.
Il faut donc qu’il parvienne au bailleur au plus tard la veille du premier jour du mois suivant, si tu souhaites que le préavis débute au plus tôt. Sinon, le délai débutera le premier jour du mois d’après.
Exemple
Nous sommes le 14 juillet 2026. Tu souhaites rompre ton bail et que ton délai de préavis commence a courir le plus rapidement possible. Comme le délai ne débute que le premier jour du mois qui suit la réception du renon, il ne pourra commencer au plus tôt que le 1er août 2026. Pour que ton délai de préavis début le 1er août, ton bailleur doit avoir reçu ton renon au plus tard le 31 juillet. S’il le recevait le 1er août, ton délai de préavis ne débuterait alors que le 1er septembre.
Si tu envoies ton préavis par courrier recommandé, il faut faire une différence entre le courrier recommandé envoyé avec ou sans accusé de réception. En cas d’accusé de réception, le délai commence à courir le jour qui suit le jour où le courrier recommandé a été présenté au bailleur. En cas d’absence d’accusé de réception, le délai commence à courir le troisième jour ouvrable qui suit le moment de sa remise à la poste, c’est-à-dire la date du cachet de la poste, sauf si on peut apporter la preuve d’une remise à un autre moment. Par exemple grâce au numéro de suivi. En cas d’absence du destinataire, il faut tenir compte du jour de la remise de l’avis de passage du facteur.
En-dehors de ces règles, le preneur peut donner congé à tout moment.
C’est une obligation pour le bail d’habitation à Bruxelles. Pour le droit commun, ce n’est pas une obligation formelle, mais c’est ce qui est d’usage.
3. La rupture à l’amiable
Tu peux toujours rompre ton contrat de bail à l’amiable. Peu importe le type de contrat de bail et peu importe ce qui est prévu par le contrat ou par la loi.
En pratique, la rupture de commun accord est le moyen le plus simple de rompre un bail.
L’idéal serait alors de mettre par écrit l’accord convenu et de le faire signer par toutes les parties.
4. Le bail de logement étudiant à Bruxelles
Vu que ce régime est non-obligatoire, les règles ne seront appliquées que si cela est prévu par écrit dans le contrat de bail. Il ne suffit donc pas que tu sois étudiant pour que ces règle soient appliquées. Il faut que ton propriétaire et toi soyez d’accord d’appliquer ce régime et que vous le spécifiez dans le contrat de bail.
A. Quand y a-t-il un bail de logement étudiant ?
Le bail de logement étudiant est un bail d’habitation conclu par ou pour le compte d’un étudiant qui suit des études.
Cela signifie que le bail de logement étudiant peut être conclu par une autre personne que l’étudiant, comme un de ses parents par exemple. Dans ce cas, c’est cette autre personne qui assumera les obligations du contrat (paiement du loyer notamment).
Puisque le bail étudiant est réservé aux étudiants, le locataire devra apporter la preuve de son inscription dans un établissement d’enseignement secondaire, supérieur ou auprès du jury central.
B. Questions diverses
1. Quand et comment prouver que je suis étudiant ?
En pratique, tu devras fournir une attestation d’inscription au moment de la signature du contrat ou un mois avant son renouvellement. Parfois, ce document n’est pas encore disponible. Par exemple parce que tu n’as pas terminé la procédure d’inscription. S’il n’y a pas d’attestation d’inscription tu peux alors fournir une copie de la preuve de la demande ou, à défaut, une attestation sur l’honneur. Dans ce cas, tu devras apporter une attestation d’inscription dans un délai de deux mois à partir de la première occupation du logement. Si tu occupes déjà le logement, ce délai de deux mois débutera à partir du renouvellement du contrat de bail.
Cette situation peut s’avérer problématique pour les étudiants hors union européenne ou même frontaliers. Par exemple, pour les étudiants français parce qu’ils doivent souvent s’y prendre plus tôt pour organiser leur rentrée académique. Par ailleurs, il existe d’autres raisons qui justifient qu’on doive anticiper. Par exemple, les inscriptions ou les examens d’entrée dans l’enseignement supérieur ne s’organisent qu’à partir du mois de septembre.
Si tu ne fournis aucun des documents dans les délais, il faudra considérer qu’il ne s’agit plus d’un bail de logement étudiant. Cela sera, par exemple un bail de droit commun ou un bail de résidence principale.
2. Contrat de logement étudiant et bail de résidence principale
Généralement, un kot étudiant ne sert pas de résidence principale. Mais si c’est ton cas (et que ton propriétaire et toi avez opté pour le régime particulier du bail étudiant), on appliquera les règles de la résidence principale (expliquées plus bas) sauf pour la durée du bail. Tu trouveras plus d’info au sujet d’une domiciliation dans son kot sur cette page.
3. Quelle est la durée d’un bail étudiant ?
A moins que le contrat ne mentionne une durée plus courte, le contrat de bail dure 12 mois. Il n’est pas possible de prévoir un contrat qui dépasse une année académique. Si la durée est de plus de 12 mois, il faudra appliquer les règles de la résidence principale ou du régime général du droit commun selon que tu établisses ou non ta résidence principale dans le logement. Attention, cela ne veut pas dire que ton bail étudiant ne peut pas se renouveler ; tu peux donc avoir plusieurs baux successifs pendant toute la durée de tes études.
4. Et si j’abandonne en cours d’année ?
Tu n’es pas obligé de quitter ton logement si tu interromps tes études en cours d’année ou, si pour une raison ou une autre tu étais désinscrit.
Pour autant que tu aies été étudiant lors de la signature du contrat de bail, tu ne devras pas quitter ton logement. Néanmoins, rappelons qu’un contrat conclu en raison d’un « dol », peut entraîner la nullité du contrat ainsi que donner lieu à des dommages et intérêts. Un « dol » est une manœuvre frauduleuse, comme par exemple devenir artificiellement étudiant pour pouvoir conclure ce contrat.
5. Comment mettre fin à un bail de kot étudiant à Bruxelles ?
La réponse varie selon que ce soit le bailleur ou toi qui mette fin au contrat.
La bailleur souhaite rompre le bail
Le bailleur ne peut pas rompre le bail avant la fin de celui-ci. S’il ne souhaite pas renouveler le bail à son échéance, il devra respecter un préavis de trois mois avant l’échéance du bail. Donc trois mois avant la fin du bail, il doit remettre son « renon ». S’il ne le fait pas, ton bail étudiant se renouvelle automatiquement pour la même durée.
L’étudiant souhaite rompre le bail
Il pourra quitter le logement à la fin du bail sans aucun préavis. Pour des raisons pratiques (état des lieux, remise des clés, garantie locative,…), on te conseillera néanmoins de prévenir ton bailleur de ton intention de partir.
De même, l’étudiant peut remettre un préavis de deux mois à tout moment en cours de bail pour rompre le contrat sauf si la durée du bail est de 3 mois ou moins. Il n’a pas besoin d’invoquer de raison (échec ou abandon des études, par exemple) et il ne doit pas payer d’indemnité.
Lorsque le bail d’un an prend fin et que tu continues à occuper le bien loué sans opposition du bailleur, alors le bail est prorogé (=rallongé) pour un an. S’il s’agit d’un bail plus court, il est prorogé pour arriver à un total d’un an.
Tu peux aussi rompre le bail avant le début de la location à la condition de prévenir le bailleur au moins un mois avant le début de la location et d’avoir une justification valable. Par exemple, parce que tu n’as pas réussi l’examen d’admission à tes études. Dans ce cas, il faudra payer un mois de loyer à titre d’indemnité.
6. Dois-je envoyer un courrier recommandé pour rompre mon bail étudiant à Bruxelles?
On te le conseille, mais pour un bail étudiant, ce n’est pas une obligation.
Dans tous les cas, tu devras prévenir ton bailleur par écrit (mail, lettre ordinaire, etc.) et il est préférable de garder une copie de cet écrit.
Si l’on conseille malgré tout d’envoyer un recommandé, c’est parce qu’il s’agit d’un mode d’envoi plus sécurisé. Tu pourras plus facilement prouver que ton courrier a bien été envoyé et reçu par ton bailleur en cas de contestation.
L’idéal est même d’envoyer un recommandé avec accusé de réception.
7. Puis-je résilier le contrat après l’avoir signé mais avant d’être entré dans le bien ?
Oui pour autant que cela se fasse au moins un mois avant d’avoir pu profiter effectivement des lieux et d’y être entré (on parle « d’entrée en jouissance »).
Cependant, tu devras avoir une bonne raison (la loi parle de « justes motifs »). Il n’existe pas de liste de raisons valables pour résilier ton bail avant qu’il ne commence, mais on pourrait par exemple citer le fait de rater l’examen d’entrée aux études de ton choix.
Il n’y a pas de règle concernant la « preuve » de ce motif. Tu peux l’apporter par « toute voie de droit », c’est-à-dire à peu près n’importe comment.
Enfin, tu devras payer une indemnité de rupture d’un mois de loyer au bailleur.
Comme on peut s’en douter, cette possibilité s’avère impraticable parce que la date de publication des résultats intervient souvent dans le courant du mois de septembre et que l’étudiant est alors entré dans les lieux. Il restera bien sûr possible de quitter le logement avec un préavis de deux mois sans indemnité (ou avec tout autre accord à l’amiable).
8. Puis-je sous-louer ou céder mon contrat de bail étudiant en région bruxelloise ?
Uniquement si le bailleur l’autorise et aux conditions qu’il aura fixées. En général, tu trouveras la réponse dans ton contrat de bail.
5. Bail de résidence principale à Bruxelles
A. Quand y a-t-il un bail de résidence principale à Bruxelles ?
Il y a deux conditions pour que ce régime s’applique : le logement est ta résidence principale et ton propriétaire et toi n’optez pas pour le régime facultatif du bail étudiant. Dans ce cas, ce régime s’applique en principe automatiquement. Il n’y a pas d’autre choix possible.
B. Quelle(s) différence(s) entre résidence principale et domiciliation ?
1. Résidence principale
Un logement est ta résidence principale lorsqu’il constitue ton principal lieu d’habitation. C’est-à-dire lorsque c’est dans ce logement que tu reçois tes amis, que tu prépares tes repas, que tu passes la plupart de tes nuits, que tu reçois ton courrier. Ou alors, en fonction des raccordements au gaz, à l’électricité, à l’eau ou au réseau de télédistribution, etc.
2. Domiciliation
La domiciliation désigne le fait de t’inscrire à la commune du lieu où se trouve ta résidence principale. Si la domiciliation n’est pas la condition déterminant ta résidence principale, cela reste un élément—parmi d’autres— qui pourrait être pris en compte.
3. Différence entre les deux
Il est important de distinguer la notion de résidence principale (conçue dans le cadre de la loi sur le bail) de la notion de domicile. En effet, le domicile légal est une obligation administrative tandis que la notion de résidence principale renvoie à un état de fait.
4. Résidence principale et accord du bailleur
En pratique, si ton propriétaire sait que tu habites principalement dans le logement et qu’aucune interdiction valable n’est prévue dans le bail, le régime du bail de résidence principale peut s’appliquer automatiquement.
L’accord du bailleur est explicite (spécifié dans le bail, un avenant ou un autre écrit) ou tacite (non écrit). L’accord écrit sera néanmoins nécessaire lorsque l’affectation de ton kot à ta résidence principale intervient en cours de bail.
5. Résidence principale et interdiction du bailleur
Mais attention, de son côté, le bailleur ne peut pas interdire l’affectation de ton logement étudiant à ta résidence principale sauf s’il dispose d’une justification expresse et sérieuse, relative notamment à la destination naturelle du bien loué. Par exemple, un bailleur pourrait refuser la domiciliation dans un bureau ou dans un commerce. Mais dans un kot étudiant, il n’y a à priori pas de raison que le propriétaire interdise la domiciliation.
Si la domiciliation est interdite (pour des motifs valables), il faut que l’adresse de ta résidence principale soit indiquée dans le bail.
Rappelons qu’il est obligatoire de te domicilier à l’adresse de ta résidence principale (sauf pour les étudiants en kot qui restent généralement domiciliés chez leurs parents le temps de leurs études). Il s’agit d’une obligation administrative. Ce qui signifie que personne ne peut s’y opposer. Dès lors, une clause qui, dans un contrat de bail d’un logement étudiant, interdirait la domiciliation de l’étudiant peut être considérée comme non écrite. Sauf si le bailleur peut justifier cette interdiction par le fait que la destination naturelle du logement est incompatible avec une domiciliation.
C. Durée et fin d’un bail de résidence principale à Bruxelles
Le bail de résidence principale à Bruxelles prévoit un régime général et un régime d’exception (qui n’est pas si exceptionnel dans la pratique).
1. Le bail de plus de 3 ans
Le régime général prévoit qu’un bail de résidence principale conclu pour une durée de 3 ans ou plus est en principe considéré comme un bail de 9 ans.
Si rien ne se passe, c’est-à-dire que ni toi ni ton propriétaire n’envoyez de renon pour mettre fin au bail, celui-ci se prolonge automatiquement par périodes de 3 ans.
Pour éviter cette prolongation, un renon doit être envoyé au moins 6 mois avant la fin du bail.
Pour rompre le bail avant son échéance, le locataire doit remettre un préavis de 3 mois. Ce préavis s’accompagne d’une indemnité durant le premier triennat (les trois premières années du bail) :
– 3 mois de loyer si tu mets fin au bail pendant la 1re année ;
– 2 mois de loyer si tu y mets fin pendant la 2e année ;
– 1 mois de loyer si tu y mets fin pendant la 3e année.
Le bailleur ne pourra rompre le bail de manière anticipée qu’en remettant un préavis d’au moins 6 mois et en motivant la rupture de bail soit pour occupation personnelle (en principe, à tout moment), soit pour travaux de reconstruction, de rénovation ou de transformation (fin de triennat), soit avec indemnités (9 mois d’indemnités après 3 ans et 6 mois d’indemnités après 6 ans). Dans ce cas, le locataire peut remettre un contre-préavis d’un mois (s’il a trouvé un nouveau logement par exemple).
Le régime général de la résidence principale concerne rarement les étudiants. C’est pourquoi on ne rentrera pas dans les détails ici.
2. Les autres durées
On y retrouve notamment le bail de très courte durée (< 6 mois) et le bail de courte durée (≤ 3 ans). Ceux-ci, en revanche, seront beaucoup plus fréquents pour les étudiants soumis au régime de la résidence principale.
Pour le premier de moins de 6 mois, il n’y a pas de rupture anticipée possible et le bail se termine automatiquement à l’échéance sans qu’un préavis ne soit nécessaire.
Pour le second de 6 mois et jusqu’à 3 ans, le préavis à l’échéance est de 3 mois (aussi bien pour le locataire que pour le propriétaire). La rupture anticipée pour le locataire est possible en remettant un préavis de trois mois ET un mois d’indemnité de loyer. Idem pour le bailleur MAIS uniquement à partir de la 2e année de bail pour occupation personnelle du logement.
D. Céder ou sous-louer ton contrat de bail de résidence principale à Bruxelles
Céder ton contrat de bail consiste à trouver un repreneur. C’est-à-dire trouver quelqu’un qui reprend le logement et le bail là où il en est. La cession du contrat de bail est interdite sauf si le bailleur l’autorise. Même en cas d’accord, tu dois définir avec ton bailleur un projet de cession que tu devras lui envoyer par courrier recommandé. Ce projet de cession doit indiquer l’identité du nouveau preneur et le bailleur est totalement libre d’accepter ou de refuser le candidat dans la limite des motifs considérés comme discriminants (race, couleur de peau, handicap, origine ou nature des ressources financières, …).
On parle de sous-location lorsque tu loues un logement et que tu loues sous contrat de bail une partie de ce logement à un « sous-locataire ». Tu ne peux pas sous-louer ton bail à moins que le bailleur ne l’autorise. Dans ce cas, tu dois notifier la sous-location par courrier recommandé au bailleur au moins 15 jours avant sa conclusion. Contrairement à la cession du contrat de bail, le bailleur ne peut exercer un droit de veto sur la personne du sous-locataire. Néanmoins, la sous-location autorisée ne pourrait porter que sur une partie de ton logement et tu devras continuer d’affecter la partie du logement qui n’est pas sous-louée à ta résidence principale. Cette règle peut s’avérer importante en cas de sous-location de type Airbnb. À ce dernier égard, on rappellera que ce type de location ne doit pas avoir été interdite par le règlement de copropriété éventuel.
Attention : lorsque tu sous-loues ton logement, tu restes le seul responsable vis-à-vis de ton bailleur.
Cela signifie que si ton sous-locataire ne paie pas le loyer ou abîme le logement, c’est vers toi que le propriétaire se tournera, car c’est avec toi qu’il a signé le contrat de bail.
Ce n’est qu’ensuite que tu pourras éventuellement te retourner contre ton sous-locataire pour lui réclamer le paiement du loyer ou la réparation des dégâts.
6. Régime général : le bail de droit commun à Bruxelles
A. Quand y a-t-il un bail de droit commun à Bruxelles ?
Si ton propriétaire ne souhaite pas te faire signer un bail spécifique de kot étudiant et que ton kot ne constitue pas ta résidence principale, ce sont les règles communes des baux d’habitation du Code bruxellois du logement qui s’appliquent. La question fondamentale de la durée du bail n’est pas prévue dans ces règles communes.
Dès lors, il faut chercher ces règles ailleurs et, en l’occurrence, dans le Code civil (articles 1708 à 1762bis). Autrement dit, pour un bail d’habitation à Bruxelles qui n’est pas soumis à l’un des régimes particuliers organisés par le Code bruxellois du Logement, ce sont les dispositions des articles 1736 et suivants du Code civil qui règlent la durée du bail.
On appelle aussi cela le « bail de droit commun ».
Le droit commun = l’ensemble des règles générales applicables à tous les contrats de location.
B. Durée et fin du contrat de bail de droit commun à Bruxelles
1. Quelle est la durée d’un bail de droit commun et comment y mettre fin ?
Pour le Code civil, il n’est pas obligatoire que le bail indique une durée. Mais dans la pratique, et c’est ce qu’on conseillera, les parties insèrent souvent une clause qui prévoit la durée précise du bail.
Si aucune clause ne précise la durée:
La durée du bail diffère selon que le logement soit meublé ou pas.
Si le logement est meublé : la durée est au jour, au mois ou à l’année selon que tu payes ton loyer chaque jour, chaque mois ou chaque année.
Si le logement est non meublé, la durée est déterminée par l’objet (la raison) de la location. Par exemple, si tu loues un kot l’objet de la location sera tes études. Aussi, la durée du bail pourrait être l’année académique par exemple.
Une clause du bail peut aussi prévoir une durée indéterminée
Ce type de bail est censé être fait au mois et dans ce cas, il peut être mis fin au bail aussi bien par toi que par le bailleur en remettant un préavis d’un mois seulement. Sauf si le contrat prévoit autre chose.
Si la durée du bail a été clairement déterminée
Que se passe-t-il lorsque celui-ci arrive à son échéance ?
Dans ce cas, le droit civil est assez clair : un bail à durée déterminée prend fin sans préavis, à l’issue de la durée convenue. En principe, tu es donc censé savoir qu’à l’échéance d’un bail conclu pour une durée déterminée, tu dois quitter les lieux. Un préavis n’est donc pas nécessaire. Dans les faits, nous te conseillons tout de même de prévenir ton bailleur pour organiser avec lui l’état des lieux de sortie et la remise des clés
Si tu restes dans ton kot, le contrat se reconduit tacitement (se renouvelle) aux mêmes conditions et pour même durée SAUF si ton bailleur s’oppose à ce que tu y restes (en t’envoyant un courrier pour que tu partes par exemple).
Si tu veux partir avant la fin de ton bail, la loi ne dit pas comment faire. Il faudra donc :
- Soit regarder dans ton bail si quelque chose est prévu ;
- Soit trouver un accord avec ton propriétaire.
Dans la pratique, il est conseillé pour l’étudiant de négocier (avant de signer le bail) une clause de résiliation du bail avant son échéance. Il est important que cette clause soit claire et précise (qui peut envoyer le renon, quand, comment : recommandé par exemple, indemnités ou pas, avec ou sans motif,…). D’où l’importance de bien lire ton contrat de bail avant de le signer!
C. Céder ou sous-louer ton contrat de bail de droit commun
Tu ne peux pas céder ton contrat de bail ou ou sous-louer une partie de ton logement sauf si le bailleur l’autorise. Jette un oeil à ce qui a déjà été dit concernant la cession et la sous-location du contrat de bail de résidence principale.
7. La colocation à Bruxelles
A. Quand y a-t-il un bail de colocation à Bruxelles ?
Après celui du logement étudiant, le Code bruxellois du logement réglemente un autre régime particulier et facultatif: celui de la colocation. Il s’agit d’un seul et unique contrat portant sur un seul logement et un seul bailleur mais plusieurs preneurs. En d’autres termes, c’est un contrat entre un seul propriétaire, pour un seul logement mais avec plusieurs locataires.
Mais attention, ton bail n’est pas automatiquement un bail de colocation parce vous êtes plusieurs colocs à vivre dans le même logement ! Il s’agit d’un régime non-obligatoire, cela signifie que toi, tes colocataires et ton propriétaires devez décider ensemble au moment de la signature du bail d’appliquer les règles de bail de colocation. Pour décider d’appliquer ces règles, vous devez l’indiquer dans le bail que vous signez tous.
Autre élément essentiel, toi et tes colocataires devez établir et signer entre vous un « pacte de colocation ».
Si tu es en colocation dans les faits, mais que il n’est pas écrit dans ton bail que vous avez choisi le régime de colocation ou qu’il n’existe pas de pacte de colocation ebntre vous, alors on appliquera les règles de droit commun expliquées juste avant, ou celles de la résidence principale si au moins un des colocataires a sa résidence principale dans le logement.
B. Contrat de bail de colocation et logement étudiant
Bien que les étudiants recourent souvent à la colocation, il s’agit de deux contrats différents. Dès lors, le régime propre au logement étudiant ne concerne que les biens loués par un seul étudiant.
Par contre, les règles propres à la colocation peuvent s’appliquer pour le bail d’un logement étudiant qui ne dépend pas du régime particulier du kot étudiant.
C. Contrat de bail de colocation et résidence principale
Le contrat de bail de colocation n’exclut pas que le logement serve de résidence principale. D’ailleurs, il suffit qu’un seul des colocataires décide d’affecter ce logement à sa résidence principale pour que les règles relatives à la résidence principale – sauf celle relative à la manière de mettre fin au contrat – s’appliquent. Dans ce cas, la sortie du pacte de colocation du colocataire qui y affectait sa résidence principale implique que le régime du bail de résidence principale ne trouve plus à s’appliquer pour les autres colocataires qui n’avaient pas affecté ce bien à leur résidence principale.
D. Et le contrat de bail de colocation et solidarité
Il est important de bien choisir son colocataire. En effet, chaque colocataire est solidaire en cas de dette alors même que seul un des colocataires n’aurait pas payé sa part. Cela signifie que le bailleur peut réclamer au colocataire de son choix, l’intégralité d’une dette, par exemple un loyer impayé. De même, une mise en demeure adressée à un seul d’entre eux vaut à l’égard de tous les autres. Par exemple, une mise en demeure adressée par le bailleur à un des colocataires pour récupérer un loyer impayé remettra à zéro les compteurs des délais de prescription à l’égard de tous les colocataires.
Du point de vue du colocataire qui aurait payé cette dette, il ne pourra réclamer à chacun que leur propre part du loyer. Par ailleurs, la personne qui ne paierait pas ne peut pas se faire expulser par les autres colocataires.
Cette situation avantage surtout le bailleur : grâce à la solidarité entre colocataires, il peut réclamer l’ensemble du loyer à n’importe lequel d’entre eux, alors que les colocataires ne peuvent pas eux-mêmes expulser un colocataire mauvais payeur.
Attention : si tout bail de colocation entraîne la solidarité, ce n’est pas parce qu’une clause de solidarité existe que tu as d’office un bail de colocation. En fait, la majorité des baux contiennent cette clause de solidarité.
E. Comment mettre fin à une colocation ?
1. Vous n’avez pas choisi les règles facultatives du bail de colocation : les règles du droit commun
Les conditions de résiliation diffèrent selon qu’une clause de solidarité existe entre les preneurs ou non:
– Si pas de clause de solidarité, il faut se référer aux règles de rupture habituelles en fonction du type de bail.
– S’il existe une clause de solidarité, impossible pour un colocataire de partir sans l’accord des autres. Ici, deux cas de figure :
- Vous désirez tous partir : alors vous signez tous le renon que vous envoyez au propriétaire ;
- Un seul des colocataires désire s’en aller : dans ce cas, l’avenant au contrat de bail est alors la solution la plus courante. Il sert à modifier le contrat actuel. L’avenant peut délier un des colocataires du bail et peut aussi en inclure un nouveau. Enfin, l’avenant doit être clair et précis et doit être signé par tous les colocataires et par le bailleur. L’ensemble des colocataires comprend également celui ou ceux qui partent et le ou les éventuels colocataires entrant.
2. Vous avez opté pour le régime spécifique de la colocation
La situation varie si tous les colocataires souhaitent partir. Dans ce cas, on applique soit les règles de droit commun, soit celles de la résidence principale en fonction de la situation. Pour être valable, tous les colocataires doivent signer le renon.
Néanmoins, si un seul ou une partie des colocataires veulent partir, les colocataires qui souhaitent sortir de manière anticipée de la colocation doivent respecter un préavis de deux mois. Ils peuvent notifier ce préavis à tout moment. Par ailleurs, ils ne devront aucune indemnité. Dans ce cas, ils doivent envoyer le renon simultanément au bailleur et à chacun des colocataires concernés. Si la moitié les colocataires résilient le bail, le bailleur peut à son tour donner un renon de 6 mois pour mettre fin au bail.
De plus, chaque locataire qui veut partir doit chercher un remplaçant avant la fin du préavis de deux mois.
S’il ne trouve pas, il doit pouvoir prouver qu’il a cherché un remplaçant. C’est une obligation de moyen, pas de résultat. Cela signifie que tu es obligé d’essayer au mieux de tes moyens, mais que tu ne peux pas être tenu responsable si tu ne trouves personnes. Attention, tu dois cependant pouvoir prouver que tu as mis en place ce qu’il fallait pour chercher correctement (annonce, visites, etc.).
S’il trouve un candidat et que les autres colocataires marquent leur accord avec le candidat trouvé, il faudra faire un avenant signé par tous.
Toutefois, si le colocataire qui part ne trouve pas de remplaçant et qu’il n’a pas de preuve suffisante de recherche, il ne sera libéré de ses obligations et de la solidarité que 6 mois après la fin du renon de 2 mois. Cela signifie qu’il devra continuer à payer le loyer pendant ces 6 mois. À cet égard, rappelons que les colocataires sont solidaires.
8. Tableau récapitulatif
Conclusion
Avant de signer un contrat de bail, c’est important de te renseigner sur le type de bail : Résidence principale? Bail étudiant? Colocation? Ou droit commun? Les règles de rupture de bail dépendront du contrat choisi. Pose-toi donc la question avant de signer le document et n’hésite pas à négocier des clauses dans le contrat si nécessaire.
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Si tu as d’autres questions sur le bail étudiant en région bruxelloise, n’hésite pas, l’équipe d’Infor Jeunes Bruxelles est là pour répondre à tes questions. On peut notamment relire ensemble ton bail avant que tu le signes. Sache que tu as tout à fait le droit de demander une copie de ton bail pour le relire ou le faire relire à ton aise avant de le signer.
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Code bruxellois du Logement: Titre XI – Des baux d’habitation
Articles 1708 à 1762bis du Code civil