30 janvier 2020 / Tags : AutonomieÉtudesFormationOrientation

J’arrête mes études en cours d’année

Quels sont les impacts?

 

L’obligation scolaire?

Tu as pris ta décision: “j’arrête mes études en cours d’année”. La première question à se poser est de savoir si tu es toujours obligé ou non d’aller à l’école.

– Si tu es majeur (18 ans), tu n’es plus soumis à ce qu’on appelle « l’obligation scolaire».

– En revanche, si tu es mineur, tu dois être inscrit dans un établissement scolaire. Tu ne peux pas abandonner tes études sans en trouver d’autres (qui répondent également à l’obligation scolaire).

Mes allocations familiales ?

A Bruxelles, tu gardes tes allocations même si tu n’es inscrit dans aucune école jusqu’au 31 août de l’année de tes 18 ans.

A partir du 1er septembre de l’année de tes 18 ans et jusqu’à tes 25 ans, il faut suivre certaines études ou certaines formations pour les garder. Ou alors tu dois être inscrit en stage d’insertion professionnelle, autrement dit, être inscrit comme demandeur d’emploi chez Actiris.

Suivre des cours de plein exercice ou de promotion sociale te permettra de maintenir ton droit aux allocations familiales. Si tu suis suffisamment d’heures de cours :

  • 17h/sem pour les cours de niveau secondaire (par exemple des cours de langues)
  • 13h/sem pour les cours de promotion sociale de niveau supérieur ;
  • A condition d’être inscrit pour min. 27 crédits/an pour l’enseignement supérieur de plein exercice.

 

– Une inscription en CEFA ou en apprentissage des classes moyennes (EFP-IFAPME) t’ouvrira également le droit aux allocations familiales.

Toutes les infos sur le droit aux allocations familiales se trouvent ici.

Attention !

Si tu ne suis plus de cours, la caisse d’allocations familiales ne sera, en principe, pas au courant de ton abandon et continuera à verser tes allocations familiales. Cependant si la caisse d’allocations familiales apprend que tu n’as plus suivi les cours elle demandera le remboursement de toutes les allocations perçues indûment. Elle peut l’apprendre, par exemple par le formulaire de contrôle qu’elle envoie au début de chaque année scolaire. Tu devras alors rembourser toutes les allocations reçues après ton abandon. Pour éviter ça, il vaut mieux faire l’inscription comme demandeur d’emploi le plus vite possible. Et en outre, signaler le changement de situation à ta caisse d’allocations familiales. Cette démarche te permet de maintenir tes allocations pendant la durée du stage d’insertion professionnelle (cfr. infra).

Pour plus de détail pour la région bruxelloise, tu peux consulter le site de FAMIRIS ou celui d’IRISCARE. Et de fait,  si tu as le moindre doute sur le maintien de tes allocations familiales, tu peux appeler au numéro gratuit 0800 35 950.

Mon stage d’insertion professionnelle ?

Dans un premier temps, tu dois t’inscrire comme demandeur d’emploi. Cela te permettra non seulement de maintenir ton droit aux allocations familiales, mais également d’entamer ton stage d’insertion professionnelle.

Néanmoins tu peux effectuer cette démarche seulement si tu n’es plus soumis à l’obligation scolaire. L’inscription se fait chez Actiris et le stage d’insertion professionnelle dure un an. Saches que tu peux faire ton inscription en ligne.

Être inscrit comme demandeur d’emploi implique ta disponibilité sur le marché du travail:

  • Par conséquent, tu dois répondre au(x) convocation(s) d’Actiris (ou du Forem ou Vdab).
  • En outre, tu dois également les prévenir de tout changement de situation.
  • Et pour finir, il faudra aussi chercher activement du travail et accepter tout emploi convenable qu’on te proposerait.

 

A la fin du stage d’insertion professionnelle, tu peux demander des allocations d’insertion :

c’est-à-dire des allocations de chômage sur base des études. Pour y a avoir droit, tu devras avoir obtenu deux entretiens positifs avec Actiris à propos de l’évaluation de tes recherches d’emploi. Ces entretiens ont lieu au 5ème et au 9ème mois de stage.

Attention !

Si tu reprends des études pendant le stage d’insertion professionnelle, cela stoppera généralement ton stage. Tu devras le recommencer intégralement après la fin des études. Et ce, tout en ayant à nouveau droit aux allocations familiales. En revanche, si tu parviens à terminer le stage d’insertion professionnelle avant une reprise d’études, on te conseille de le faire valider en demandant des allocations d’insertion. Même pour un seul jour ! Si tu reprends des études, tu pourras récupérer tes allocations d’insertion à la fin de ces études sans devoir recommencer de stage d’insertion.

Ce dernier conseil a pris de l’importance depuis le 1er janvier 2015. En effet, à partir de cette date, c’est impossible d’ouvrir son droit aux allocations d’insertion si tu as atteint l’âge de 25 ans. Alors qu’auparavant la limite était à 30 ans. Par contre, une fois le droit ouvert, tu pourras continuer à recevoir des allocations d’insertion au-delà de 25 ans. Et ce, même si tu as interrompu le bénéfice des allocations d’insertion pour reprendre des études par exemple.

Si j’arrête mes études en cours d’année, quid de mes allocations d’études ?

Arrêter tes études en cours d’année aura un impact sur tes allocations d’études. Si tu as reçu une allocation d’études (= bourse) de la Fédération Wallonie-Bruxelles, tu devras rembourser une partie de cette allocation. Et ce, même s’il s’agit d’un abandon d’études secondaires ou supérieures.

Le montant à rembourser dépend de la date à laquelle tu arrêtes :

  • Avant le 1er janvier : 80% du montant de l’allocation accordée ;
  • Entre le 1er janvier et le 1er mars : 60% ;
  • Entre le 1er mars et le 1er mai : 50% ;
  • Si tu n’es pas présent à tous les examens d’une session complète : 40 %. L’absence non-justifiée à un seul examen suffit pour qu’on te réclame ce remboursement.

Puis-je récupérer mon minerval ?

Quand on suit un enseignement supérieur et que l’on ne bénéficiais pas d’une allocation d’études, on doit payer une somme d’argent pour t’inscrire : le minerval.

En cas d’abandon des études, tu peux récupérer cette somme seulement si tu te désinscris avant le 1er décembre. Dans ce cas, il faut signer une attestation de désinscription auprès du secrétariat de ton établissement. A partir de décembre, cette possibilité de remboursement est perdue.

Par ailleurs, on ne comptabilise pas un abandon avant le 1er décembre comme une année d’échec dans l’enseignement supérieur. Étant donné que le nombre d’échecs dans le supérieur a une limite, cela peut avoir son importance et jouer sur ta finançabilité.

Quid de ma mutuelle ?

Pour pouvoir obtenir le remboursement de tes frais médicaux, tu dois être inscrit à une mutuelle.

Lorsque tu es étudiant, tu es généralement à charge de tes parents et tu as droit au remboursement des soins de santé comme eux.

Tu peux rester à leur charge si tu as moins de 25 ans et que tes revenus bruts ne dépassent pas certains montants sur l’année. 4.871,43€ pour les moins de 21 ans et 6.375,24€ pour les plus de 21 ans.

En revanche, dès que tu travailles ou que tu termines ton stage d’insertion professionnelle, tu as intérêt à t’inscrire aussitôt comme titulaire auprès d’une mutuelle. C’est à dire dans le mois qui suit le changement de situation. Cette inscription rapide te permettra de rester en ordre pour les soins de santé mais surtout d’échapper à un stage de 6 mois pour ouvrir le droit aux indemnités d’incapacité de travail versées par la mutuelle.

Exemple :

Cyril bénéficie d’allocations d’insertion depuis 2 mois. Il est malheureusement victime d’un accident qui le rend inapte au travail pendant 4 mois. Par conséquent, il n’a plus droit à ses allocations d’insertion pendant cette période. Il a traîné pour se mettre en ordre vis-à-vis de la mutuelle et n’a pas encore fait son inscription comme titulaire. Il n’a donc droit à aucune indemnité de sa mutuelle pour cette période.  En revanche, s’il s’était inscrit plus rapidement comme titulaire, il aurait pu bénéficier d’indemnités d’incapacité de travail d’un montant équivalent à ses allocations d’insertion.

En outre, tu peux te retrouver dans une situation sans travaille, sans droit au chômage et non plus à charge d’un titulaire. Les titulaires sont tes parents ou la personne avec qui tu habites. Dans ce cas, tu as tout intérêt à t’inscrire auprès d’une mutuelle comme titulaire résident (ou registre national). Parce que sinon tu risques de ne plus être remboursé pour tes frais médicaux. Selon le cas, tu devras ou non payer des cotisations trimestrielles. Si tu te trouve dans cette situation, prends contact rapidement avec ta mutuelle.

J’arrête mes études en cours d’année, mais alors, que faire pendant le reste de cette année ?

J'arrête mes études en cours d’année

Préparer une reprise d’études

Un abandon en cours d’année est souvent lié à une erreur de parcours. Tu réalises que les études que tu suis ne t’intéressent pas ou ne correspondent pas à tes attentes.

La plupart des études et des formations commençant au mois de septembre, cela te laisse un peu de temps pour rectifier l’erreur et changer de cap. Saches que, pour t’aider tu peux t’adresser à d’un centre d’information jeunesse tel qu’Infor Jeunes Bruxelles qui possède un service d’orientation.  Tu trouveras plus d’informations ICI.

Inscrit dans l’enseignement secondaire, les centres PMS (Psycho-Médico-Sociaux) peuvent également t’aider dans tes choix.

Tu souhaites obtenir ton diplôme de fin de secondaire (CESS) ou accéder à un enseignement supérieur autrement que par la voie traditionnelle ? Apprends qu’il existe plusieurs possibilités pour le faire : jurys, examens d’admissions, enseignement de promotion sociale,….

Tu trouveras plus d’informations ICI.

Trouver une formation en cours d’année

Même si la plupart des cours débutent en septembre, tu peux commencer certaines formations à d’autres moments. C’est la cas, par exemple, des cours de langues dans l’enseignement de promotion sociale.

Si tu suivais des cours d’enseignement supérieur et tu peux expliquer ton abandon par des difficultés dans certaines matières ou par un problème de méthodologie.  Alors sache que certaines écoles de promotion sociale proposent des cours préparatoires à l’enseignement supérieur. Par exemple : remise à niveau en sciences, en math, cours de méthodologie,…

Soulignons, en particulier, les formations destinées spécifiquement aux étudiants qui, après avoir débuté des études supérieures, se rendent compte de la difficulté d’assurer ce passage. Alors une aide peut s’avérer nécessaire, pour franchir avec plus de chances de réussite, cette étape d’intégration dans l’enseignement supérieur.

Deux initiatives de ce type existent actuellement :

– la « formation-relais© » organisée par une école de promotion sociale à Louvain-la-Neuve : le CPFB. Il y a trois sessions par an : en novembre, en février et en avril.

– la formation « Rebond » adressée uniquement aux étudiants en décrochage en première année de l’enseignement supérieur dans la province de Namur. Plus d’info au 081/72 53 60

Puis-je travailler ?

La recherche d’un travail jusqu’à la rentrée académique suivante (septembre) est une possibilité qui intéresse souvent les jeunes dans cette situation. Cela permet d’acquérir un peu d’expérience sur le marché du travail et d’avoir un revenu.

Petites précisions à ce propos :

– Si tu n’es plus inscrit dans un établissement scolaire, tu ne peux plus effectuer de contrat d’occupation étudiant. Néanmoins, tu peux bien sûr travailler comme employé ou ouvrier. Il y a également la possibilité du travail indépendant, mais il nécessite plusieurs démarches administratives.

– Dans le cas où tu es inscrit comme demandeur d’emploi, les journées de travail (en tant que salarié ou indépendant) sont comptabilisées pour le stage d’insertion professionnelle.

Tu perds les allocations familiales pour les trimestres du stage d’insertion durant lesquels tu travailles plus de 240 heures.

L’engagement dans un projet de volontariat

Pour rentabiliser ton temps pendant les mois qui précèdent une reprise d’études en septembre, tu peux aussi choisir un projet en tant que bénévole. Cela te permettra de te rendre utile à la collectivité, de prendre le temps de réfléchir à ton avenir. Et par conséquent de vivre une expérience constructive et valorisante.

Notons qu’un jeune inscrit en stage d’insertion professionnelle peut effectuer un travail bénévole, pour autant que sa disponibilité sur le marché de l’emploi ne soit pas remise en cause. En principe, tu devras donc toujours répondre aux convocations d’Actiris ou du Forem et accepter tout emploi convenable.

Il existe de nombreuses possibilités de volontariat. Voici quelques sites utiles qui devraient te permettre de trouver ton bonheur :

www.service-citoyen.be : La Plateforme Service Citoyen recherche des jeunes, âgés de 18 à 25 ans, qui souhaitent s’engager pendant quelques mois. Généralement à partir de février ou de mars et à temps plein. Cela concerne les projets de volontariat dans l’environnement, l’aide aux personnes, l’accès à la culture ou les relations Nord-Sud. Le jeune volontaire s’engage dans un organisme, mais participe aussi à des formations communes et de temps de rencontres et de maturation avec le groupe de volontaires. Pendant ces quelques mois, il bénéficie aussi d’une indemnité (défraiement de 10 euros par jour pour couvrir ses frais de déplacement et de nourriture).

www.solidarcite.be : Solidarcité propose aux jeunes de 16 à 25 ans l’engagement dans une année citoyenne. Cela consiste en services rendus à la collectivité, mais comprend aussi un temps de formation et de sensibilisation et une étape de maturation personnelle. En principe, le projet cours de septembre à juin. Cependant,  tu peux aussi rejoindre le mouvement en cours d’année.

Tu trouveras une liste plus complète ICI.

Tu hésites ou tu as décidé d’arrêter tes études en cours d’année et tu as encore une question? Tu peux nous la poser via l’onglet “pose ta question” ci-dessous 🙂

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